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Charlot Lucien et Ses Contes Satiriques Sur Un Nouvel Album CD, Ti Cyprien
Par Frantz Jean Baptiste

Décidément, Charlot Lucien ne finit pas d’enrichir la littérature orale haïtienne. Après un remarquable succès de TI OMA, paru en 2001, le conteur satirique haïtien vient de réaliser pour la seconde fois de sa carrière, un nouvel album CD, (Ti Cypryen Doktè Ya Bezwen) de quatre récits inédits, aussi caustiques, époustouflants et instructifs les uns que les autres: Dyaspora lang poudré, Ti Cyprien Doktè Ya Bezwen, Le Baptême de Capois Lamort et Sonson Moun Fou.  Désormais, Charlot Lucien fait partie du cercle fermé des grands noms de l’univers des contes haïtiens comme Maurice Sixto, Morisseau Leroy et Jean-Claude Martineau, pour ne citer que cela, pour lesquels il avoue avoir une grande admiration.
Si l’histoire nous aide à comprendre l’actualité et nous permet de préparer l’avenir, elle ne nous conseille pas néanmoins de nous fier aux premières pensées qui nous viennent. C’est pourquoi l’artiste ou l’intellectuel, n’est pas moins responsable dans sa quête tendant à participer à la moralisation de la société, de lui signaler certains moeurs transfomés en coutumes avant de s’ériger plus tard en objet de droit. D’où l’un des objectifs primordiaux des oeuvres de Charlot Lucien, par le biais desquels, il nous convie à reviser nos moeurs et en tirer la substance adéquate à l’épanouissement d’une société civilisée et moderne.
Au moment où ce pays semble vouloir entamer une nouvelle mutation politique, Ti Cyprien Doktè ya Bezwen, Sonson Moun Fou, Dyaspora lang poudre et Le baptême de Capois La Mort, nous invitent d’abord à nous regarder à travers leur miroir, puis enlever nos maquillages afin d’éviter tout excès de zèle patriotique.
Si le conteur se garde bien de tout dérapage verbal à travers ses contes, il ne marchande pas en revanche ses élans émotionnels qu’il exprime par la voix des différents personnages de ces récits, tels que Maître Coriolan, Barzol, Maître “George Dubois” ou encore “Sonson moun fou” qui nous font des révélations caustiques et croustillantes sur des non dits et des zones d’ombre caractérisant la tradition sociopolitique en Haïti.
Charlot Lucien est un homme à multiples facettes dans le domaine de l’art, doté d’une grande intégrité intellectuelle, comme ses différentes actions en témoignent. Poète, artiste peintre, illustrateur, caricaturiste (Cest grosses têtes de l’actualité Vol. I, II, III), et conteur, il est l’un de nos rares contemporains haïtiens à pouvoir vendre le charme de la culture haïtienne dans des domaines aussi divers.
C’est en 2001 que Charlot va réaliser, une de ses meilleures productions artistiques sonores, TI OMA, titre de son premier album CD, contenant trois histoires: TI OMA, STRATEGIE EPIDERMIQUE DE CLASSE, MANTO TWOPIKAL.  Le succès de cette première réalisation du conteur va couronner sa notoriété tant aux Etats-Unis qu’en terre natale, et contribuer à faire de lui aujourd’hui, l’un des ambassadeurs tout désignés de la culture haïtienne.
Fort de cette première réussite, il a édité deux ans plus tard (2003), un nouvel album intitulé cette fois, (Ti Cyprien, Doktè Ya Bezwen) dont le contenu est aussi riche, varié et drôle que cocasse, mais avec une tonalité différente et un engagement plus affirmé.
Désormais, Charlot Lucien fait partie du cercle fermé des maîtres des contes haïtiens, comme Maurice Sixto, Morisseau Leroy et Jean-Claude Martineau pour lesquels il avoue avoir une grande admiration.
Cependant, Jean-Claude Martineau (Koralen) semble davantage gagner le coeur du narrateur en raison de ses approches poétiques. Pour Charlot Lucien, Martineau va au-delà des contes purs et simples. Son style fait de lui une exception en la matière. Ses textes inspirent si bien l’harmonie que ses titres ont été chantés par les Carole Démesmin, les Beethovas Obas et les Emeline Michel.  Aujourd’hui, ce nouvel élan de Charlot renforcera non seulement sa propre notoriété, mais pourrait aussi s’interpréter comme un signe qui semble prendre forme au renouvellement des générations précitées aujourd’hui.
Pour réaliser ce chef-d’oeuvre (Ti Cyprien Doktè Ya Bezwen), le narrateur a su mettre en synergie ses différents atoûts intellectuels et artistiques. A travers cet album, vous ne découvrirez pas uniquement un simple conteur, c’est aussi un fin humoriste qui ne provoque pas le rire commercialement correct, mais le rire inattendu, spontané (le vrai) qui ne saurait être retenu, sous le charme des expressions taillées sur mesure, en écoutant Dyaspora lang poudre, Ti Cyprien Doktè ya Bezwen ou encore Sonson moun fou.
“Dyaspora lang poudre” est une histoire inédite qui nous projette un prototype de situations régulièrement vécues en Haïti comme dans la diaspora. Elle nous décrit en effet, le comportement de certains compatriotes vivant à l’étranger, prisonniers de leur ignorance, se démarquant ainsi de leur haïtianité par des attitudes grotesques pour ne pas avoir à se rappeler de leurs antécédents.  Pour se faire, ils s’enferment dans un snobisme vulgaire et sont disposés à intimider tout compatriote n’adoptant pas la même posture qu’eux. Maquillés par quelques tristes billets verts gagnés au prix de sacrifices inimaginables, une "lang poudre" par quelques clichés d’anglais mal acquis, ils ne savent à quel saint se vouer pour se faire prendre au sérieux. D’où l’expression de quelques extravagances observées chez certains d’entre eux dans des lieux publics. A travers cette histoire, le conteur ne fait que dire tout haut ce que pensent tout bas les Haïtiens de bon sens. Cependant, il ne faudrait pas voir dans l’esprit du conteur une condamnation généralisée de la diaspora, car hors mis ces quelques tristes cas constatés, nos compatriotes de la diaspora ont plutôt en général, un bien meilleur comportement que celui remarqué jusqu’ici chez les "lang poudre". Néanmoins, il n’empêche qu’il ne faudrait pas perdre de vue le fait qu’il existe en Haïti encore aujourd’hui, un triste phénomème qui continue de faire obstacle à tout désir d’instituer dans ce pays une certaine cohésion sociale digne de l’Etat providence. Il s’agit d’un préjugé primitif, manifeste et visible qui ne cesse de fragmenter la population en une société de caste.  Le TI CYPRIEN DOKTE YA BEZWEN, nous en fournit un parfait exemple.
Ti Cyprien Doktè ya Bezwen est une histoire fascinante, vécue au coeur de la légende haïtienne. Mais aussi amusant qu’elle puisse être, cette nouvelle saga de Charlot nous invite surtout à une prise de conscience profonde et urgente vis-à-vis de certains préjugés qui rongent aujourd’hui encore la société haïtienne.
Ti Cyprien est le genre de personnage en Haïti, prédestiné par le système sociopolitique du pays au renouvellement de générations prolétariennes, qui décide, par des acquis intellectuels que lui procure son destin naturel, d’intégrer une nouvelle classe sociale. Mais, il va se trouver confronté au problème de son insertion dans un milieu universitaire en conflict avec à ses origines très modestes. Devenu médecin plus tard, Ti Cyprien va réaliser son rêve et devenir le symbole d’une lutte silencieuse face à un archaïsme d’un autre temps qui prône la mort de toute velleité de masse tendant vers une certaine ascension sociale.
A qui la faute? Il s’avère que, pour s’indentifier plus facilement à une certaine culture, une frange de la bourgeoisie haïtienne s’obstine à fabriquer des exclus sociaux. Ce n’est pas par hasard que Charlot Lucien ait été sensibilisé par ce problème, pointé du doigt avant lui sous un autre angle par Maurice Sixto à travers "Ti Saintanise".
D’une façon ou d’une autre, dans la vie active ou non, on est toujours lié de près ou de loin à une personne par un rapport de subordination. Mais peu importe sa dimension, un rapport d’autorité ne saurait être sous aucun prétexte celui de maître à esclave, idée révolue depuis déjà des siècles sur cette terre dite de liberté. Et pourtant, cela demeure encore un cas d’école dans en Ha ïti. Cette attitude notoire, telle qu’on la voie se manifester dans certains milieux du pays, surtout avec le système de "reste avec", n’est autre qu’un verni superficiel concocté par quelques nantis pour maintenir un statut social supérieur à celui du reste de la population.
Sonson Moun Fou est une histoire aussi envoûtante présentée sous un ton plus provocateur que les autres. C’est en quelque sorte, un hommage rendu à ce que l’auteur appelle "fous doux", par opposition aux "fous violents" ou furieux, mais plus ou moins invisibles en Haïti. Les "fous doux", ce sont des gens qui manifestent visiblement leur folie dans la passivité, sans porter atteinte au droit et à la liberté des personnes.
L’histoire de Sonson est vraie, car le personnage a bel et bien existé. Malheureusement comme d’autres gens de sa catégorie, sa vie a connu une fin tragique. Abattu d’une balle à la nuque par un officier (un incontestable fou furieux), ayant jugé irrévérencieux le fait d’avoir été stoppé par un fou doux qui prétendait pouvoir organiser la fluidité de la circulation des véhicules, Sonson a été renvoyé se reposer là où fous doux comme fous furieux peuvent se retrouver tous égaux et livrés aux gré des juges fourmis et vers de terre pour une dernière séance.
Ici, il ne s’agit pas de l’histoire d’un simple fou identifiable à première vue. Non! C’est un genre différent. Le déroulement de ce récit consiste à révéler des choses qu’on aurait du mal à saisir, sans avoir été exposé à l’écoute de cette si belle et triste histoire. Cette histoire est comme un véritable plaidoyer pour la réhabilitation de la mémoire des fous doux en Haïti dont certains ont même déjà acquis, une grande célébrité dans la mémoire des Port-au-Princiens. C’est le cas de Jacky (fanatique de football au stade Sylvio Cator), Ti Marcel (personnage célèbre de carnaval), Marie Rose (l’artère de Lalue), Alfredo Moreno (de Pont St Géraud), Rambo (de Pont Morin), Makéké Dan Bonbon (Portail Léogane) et Démosthène  (Bois Verna). Tous animés d’une folie commune. Ces fous doux vénérés par le conteur ont aussi une ancêtre commune: Défilée La Folle, une héroïne exceptionnelle de l’Histoire d’Haïti, qui enterra les restes de l’empereur Dessalines en 1806.
La démarche de Charlot Lucien vise tout d’abord à nous faire comprendre que les fous les plus à craindre et à redouter demeurent surtout (d’après notre interprétation) les fous violents non identifiés, qui ont parfois des influences directes sur la société. Cette histoire racontée avec tact et finesse, est une version subtile mais provocatrice qui dénonce avec le rire à la clef, des dérives politiques politiciennes caractérisant la vie publique en Haïti. Elle est bonne à écouter, même si elle peut par moment nous placer devant le tribunal de notre conscience collective. Enfin, Erasme a-t-il raison de dire: la folie fait partie intégrante de la nature humaine. Ce n’est qu’en la reconnaissant que l’homme peut parvenir au bonheur et devenir sage. C’est dommage qu’aucun de ces fous n’ait pu oser marcher sur les traces de Capois Lamort; sinon, Haïti aurait une bien meilleure image que celle qu’elle présente en ce début du troisième millénaire.
Le Baptème De Capois Lamort
Ce récit est plutôt un hommage rendu à ceux qui ont fait d’Haïti ce qu’elle ne cessera jamais d’être: la Première République noire du monde. C’est aussi une reprise solennelle et émouvante d’une page de gloire marquant en lettre d’or l’Histoire de ce vieux pays de l’Amérique. Avec ses mots soutenus par un fond sonore bien ciselé, Charlot Lucien nous a repeint le champs de bataille sur lequel le héros François Capois devenu en la circonstance Capois Lamort, nous a forgé notre mémoire collective. Enfin, dans ce bref rappel historique, le conteur se garde bien de toute exaltation nationaliste, comme bien d’autres Haïtiens dits avisés tentent souvent de le faire. C’est plutôt l’expression d’un sentiment patriotique bien muri qui l’a porté à vouloir redonner confiance à ses compatriotes, en vue de leur émancipation dans un monde en pleine mutation.
Charlot Lucien ne s’est pas contenté d’écrire des histoires; il sait tout aussi bien les raconter comme on peut le constater en écoutant cet album: Ti Cyprien, Doktè Ya Bezwen.  L’articulation, le fond sonore, les mots et des expressions utilisés pour la mise en scène de ces récits, ont été soigneusement choisis pour faciliter la réception à notre imaginaire.
A travers ces récits, l’auteur ne marchande pas ses élans émotionnels. Ils les exprime avec pudeur et modestie certes, mais en observant les mailles de sa chaine de réflexions, on découvre aussi un homme sournoisement révolté qui tente de faire passer sous des airs anecdotiques des messages d’éthique patriotiques à ceux qu’il croit en avoir besoin. C’est peut-être paradoxal, mais non moins authentique. Il y a tout à fait chez Charlot, un génie qui peut en même faire éclater de rire et fondre en larmes. Il suffit pour cela de suivre le profil de son discours sur cet album pour comprendre qu’il est animé d’un désir profond de faire cohabiter même les humeurs les plus incompatibles.
Des histoires satiriques du genre, sont évidemment un des pôles attractifs du patrimoine culturel haïtien, même si peu de gens s’y intéressent vraiment. Alors que, paradoxalement, il se trouve que l’Haïtien est blagueur par nature. Négligés pendant longtemps, l’avènement de Sixto et de plusieurs autres de sa trempe, ont redonné aux conteurs haïtiens leurs lettres de noblesse. Aujourd’hui Charlot Lucien semble s’engager, de par ses activités culturelles et intellectuelles constatées en terre étrangère, dans une aventure dynamique visant à révaloriser la culture haïtienne.
A propos de l’articulation du conteur, bien des gens la trouveront peut-être, trop francisée par moment. Serait-ce un problème alors?
Connaissant la mentalité de nos compatriotes, cela ne devrait en effet poser aucun handicap à la compréhension du conteur par les "créolophones" haïtiens. L’articulation de Charlot sur cet album, ne fait que répondre à une exigence sociologique. Car très peu d’Haïtiens instruits en Haïti en tout cas, prononcent les mots créoles comme ils les écrivent. En général, lorsqu’ils écrivent en créole, ils articulent plutôt en Français par crainte d’être traités de "bouche sirèt". Et cela peut dépendre aussi d’un autre facteur. Suivant le personnage (un avocat, un chauffeur de taxi, un médecin ou une femme de ménage) interprêté, l’articulation peut être différente.  Et ça, Charlot Lucien sait bien le faire.
L’une des grandes qualités qu’on a pu déceler chez le conteur, c’est le niveau de décence qui caractérise l’ensemble de ces histoires. Malheureusement, la plupart des conteurs de nos jours, pour liquider sans peine leurs produits sur le marché ou attirer tout au moins ceux qui cherchent à réveiller leurs bas instincts, au nom de la liberté d’expression, font de la vulgarité leur principal décor et leur fond de commerce de prédilection.  Ce faisant, ils enfreinent les lois élémentaires de la décence.  Les histoires de Charlot, peuvent être écoutées entre amis comme en famille sans risque de buter sur des grossièretés souvent déplorées ici et là comme des méthodes de manipulation à but purement mercantile.
A travers cet album de conte, on découvre que Haïti, une fois de plus ne vit pas que des drames sociopolitiques. Elle détient également à son actif, un patrimoine culturel riche et varié. Et c’est peut-être grâce à cette richesse culturelle qui permet à ce peuple de ne pas sombrer déjà dans le néant malgré ses meurtrissures.
Quant au style du conteur, il est très original. D’autant plus, il apporte même une nouvelle fraicheur à la littérature orale haïtienne. Bien que l’ombre de Sixto imprègne par moment le timbre de sa voix, la manière utilisée par Charlot pour nous faire vivre ses histoires, est conceptuellement différente; cela, tant dans l’esprit des textes que dans les expressions orales du narrateur. La façon d’interpréter les différents personnages de chacun de ses récits, en dit long sur la valeur artistique de ses oeuvres et le sens d’observation profonde des différentes classes sociales dont il fait aussi preuve.
Si à titre comparatif on devait enfin établir un parallèle entre TI OMA et TI CYPRIEN DOKTE YA BEZWEN, on en constaterait une affinité de fond tout à fait claire dans l’esprit des textes, bien que les deux récits soient différents dans leurs lettres. Il s’agit, dans les deux cas, "d’une remise en cause d’une société de caste," peu disposée à se niveler.
Toutefois, il y a un point qui nous laisse un peu perplexe dans l’approche de l’auteur-narrateur. Il porte sur la fin des deux histoires, où TI OMA comme TI CYPRIEN, dans leur rapport avec la classe dominante, sont tous deux parvenus à accomplir leurs audacieuses ambitions.
Car si les deux récits sont destinés à décrire et à dénoncer l’état d’une situation en vue d’une prise de conscience collective, ils risquent en revanche de nous laisser comprendre qu’en dépit de tout, la règle qui prévaut veut que l’opprimé dans sa lutte contre son opresseur, pour son épanouissement, ait le dernier mot s’il en manifeste le désir, c’est à dire une sorte de" vouloir c’est pouvoir" comme on dit trivialement. Or, si ce cas de figure peut-être vrai dans les contes de fée, il est toutefois, moins plausible dans le monde réel. Car la victoire des faibles face aux forts, n’est pas tout à fait la règle qui domine dans les rapports sociaux. Bien au contraire, elle en est plutôt l’exception. Donc si TI OMA (agronome) comme TI CYPRIEN (médecin) sont parvenus à s’en sortir malgré tout, le système n’est pas nécessairement ce qu’on pense. Autrement dit, il semblerait à tort ou à raison qu’il existe quelques ouvertures pour la masses laborieuses du pays. Mais là encore, cette présumée ouverture serait-elle aussi accessible à ceux dont la nature ne prédestine pas au savoir comme TI OMA et TI CYPRIEN ?
Enfin, la plupart des pays du monde (petits ou grands) qui ont compris l’importance des valeurs culturelles, s’y investissent non seulement dans le but de recueillir des retombées économiques, grâce aux touristes et investisseurs étrangers qu’elles peuvent attirer, mais aussi, l’expérience nous montre que la culture est un instrument stratégique indispensable, capable de véhiculer le charme d’un pays et de le placer en situation de jouer en toute sérénité et dignité, sa propre partition dans le concert des nations en tant qu’entité distincte et identifiable par tous. Malencontreusement, nous constatons avec stupeur que Haïti n’a jamais eu de politique culturelle proprement dite. Si ce pays est connu jusqu’ici pour être une référence en la matière de par sa peinture, sa sculpture, sa musique et sa littérature, pour ne citer que celles-ci, c’est parce que ses artistes et intellectuels d’horizons divers, qui, la plupart du temps, éditent eux-mêmes leurs propres produits, ont fait preuvre d’une grande audace et d’un certain héroïsme hors du commun.  L’inertie de l’Etat haïtien à ce niveau, est plus que évidente. Il ne faudrait pas cependant que le gouvernement haïtien dont l’un des rôles est de promouvoir la culture, persiste dans sa négligence jusqu’à provoquer du ressentiment chez ces artistes aux âmes bien nées qui ne cessent d’apporter leurs contribution à la fierté d’être Haïtien. Bonne écoute.
Frantz Jean Baptiste, Ancien Editeur de Diasporama Magazine
Brockton, Massachusetts, Avril 2004
Notes: Les fonds sonores utilisés proviennent des disques des artistes Marc-Charles Mathelier, Carole Demesmin et Jean-Claude Martineau, Gifrants, Mano Chalmay et Huggens Picard.