A hand rising from the heart of the rubbles
It used to be a superb building,
A monument to human vanity
Right in the heart of the city...
What is moving out of the grayish pile of debris
Now left of it?
What is moving? What is moving is a hand,
With all five fingers
Something we take for granted!
A hand? Can you see more?
Can you tell me more?
Is it smooth? Is it manicured? Is it rough?
Is it black? Is it white?
Is it the hand of the mansion's owner Mister Me?
Or the hand of the maid, Philamandre?
Nobody can tell...
It is just a hand, a bloody hand
Grayish with dust
With a choir a flies surrounding it,
Singing in abject anticipation;
But it is moving! it's moving!
And one of the fingers, though weakly
Seems to motion to me and to the world:
"C- com - come closer..."
Yes, a hand is moving among the rubbles
Covered with blood, dust, ashes
Can't tell if it is colored, black, white,
Manicured of rough
But it is just moving.
And as it is now, it seems to me that
Its needs to be washed
Needs to be warmed
Needs to be held
Needs to be squeezed...
And while I hold this hand
And wash it, and warm it,
Would you join me?
With your bare hands - if you have no tools-
And dig around it
And help free an arm
And help free a head
And help free a chest
Help free a full body. Alive!
So that we all together, with more bodies
Band together
And help rebuild new lives,
And help rebuild new hopes...
Charlot - Jan 12 2011
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Répliques
On a tiré quelque part…
Une mère,
-Une mère –puisqu’il ne saurait être
autrement-
Une mère dont l’enfant était au dehors
S’est mise à hurler à la mort…
Sans pause,
La chose
Le cri
Est parti
Quelque part du fond de ses entrailles
Et dans un roulement tumultueux
Dans un grondement sourd
S’est engouffré dans sa poitrine dilatée
Avant de jaillir de sa gorge
Avec la force de l’orage
Qui éclate brutalement après d’interminables
minutes.
On a tiré quelque part
Un militaire de l’époque,
Puisqu’il ne saurait être autrement,
Un militaire de l’époque donc,
S’est mis à ricaner,
Et à son tour a tiré
Quelque part,
Sur la foule
Quelque chose palpite sous
l’ile…
Quelque chose palpite, palpite sous mon ile…
Certains racontent
Que l’esprit des Arawaks, des Ciboneys et des
Tainos
Indiens décimés par les envahisseurs,
S’agitent dans les profondeurs souterraines
Des grottes du bassin Zim
S’enquérant encore de la raison de leur
mort;
D’autres assurent
Que le sang versé
des enfants de la Guinée et de Dahomey
Bouillone encore fumant,
dans les entrailles de mon ile,
Incapable de sècher en paix. ;
D’aucuns racontent enfin
Que que les os des envahisseurs
Cliquent encore de terreur
Dans leurs tombeaux;
Dessalines, ont-ils eu bruit
Entend s’assurer lui même
Que même les squelettes sont morts.
Et ces battements de tambour infernaux
Et leurs échos multipliés à l’infini,
Qui ébranlent le silence et le calme de la
nuit
Augurent quelque chose de formidable ;
Quelque chose palpite sous mon ile,
J’ignore ce que c’est :
Dessalines au bras implacable,
Arawaks, Ciboneys aux regards encore
incrédules
Enfants de Dahomey déracinés,
J’ignore ce qui palpite sous mon ile,
Mais la où tu perçois la terreur mon frère,
J’entrevois
L’Espoir (2003)
La première
pierre
Son corps tressautait d’horreur sous sa
tunique
Amassé à même le sol brûlant,
La tête entre les bras,
Le visage contre la poussière
Dans l’attente d’une fin atroce
Atroce, et salvatrice.
A quelques mètres trop près,
La multitude s’excitait,
Yeux luisants, lèvres écumant l’injure
Et les doigts frémissants d’impatience
Sur les pierres déstinées à la lyncher.
Et voici, entre la masse tremblante sur le
sol
Et la foule hurlante et pantelante
Une nuée de poussière s’avance
Au milieu de laquelle emerge le Nazaréen.
Et le silence s’impose, oppressant.
De la main il étend un geste large sur la
foule
Qui s’achève le doigt pointé sur la forme
frémissante.
-Approchez, approchez tous, exhorte t-il,
Et que celui qui n’a jamais péché,
Jette la première pierre.
La multitude alors parut s’évanouir à
l’horizon
Dans un mouvement evanescent,
Et le seul bruit sourd des pierres
Tombant dans la poussière
Se fit entendre un à un.
Le Nazaréen se pencha alors
Sur la forme affaissée
Qui lentement revenait à la vie
Et lui souleva les paupières:
-Ce fut … un cauchemard…murmura t’il,
Vas, et ne pèche plus.
La Femme se leva, et s’en alla,
Entre ses doigts encore tremblants,
Un souvenir :
Une pierre,
Sans doute la première,
Que personne
N’avait pu lancer…
Reversibilité
Regarde, me dit la fleur
La flamme passionée de mes pétales.
Voici, je regardai,
Et ajustant mon talon dessus,
Je l’écrasai contre le sol
Regarde, me dit la papillon,
L’arc-en-ciel se mire dans mes ailes.
Je regardai, et,
Lançant une main meurtrière,
Je le broyai entre mes doigts.
Vois chantonna le ruisseau,
L’émeraude cristalline de mon eau.
Je regardai, puis,
Raclant ma gorge,
Je crachai dans son cours avec volupté.
Plus loin, l’oiseau pérorait dans l’espace,
Me narguant de ses croassements,
Se croyant inaccessible.
Je ramassai la pierre,
Et visai.
L’oiseau cessa de chanter,
Et se percha sur la branche
Contemplant quelque chose sur le sol.
Je le vis becqueter des brindilles, des
fleurs,
Et les lâcher au bas de l’arbre…
Je m’approchai,
Et voici,
Gisait dans la boue,
La tête éclatée, sanglante
Et pétalée de fleurs,
Mon fils,
Mort.
Rocher
fissuré
Ton visage était
ce roc millénaire
Immuable et impénétrable
Bloc de granite noire.
Quelque chose scintillait
La dessus ;
Je m’approchai :
Ce n’etait ni la pluie,
ni la rosée ;
Une larme
Par une fissure
S’écoulait subrepticement.